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SABATON EN SUÈDE

L’idée de voir Sabaton en Suède vous a toujours trotté dans l’esprit ? Avez-vous une petite idée de ce que pourrait donner un de leurs spectacles en tête d’affiche devant leur public ? Non ? Cela tombe bien, nous étions sur place pour les concerts de Norrköping et Karlstadt  les 23 et 24 août 2014. Ce sont les deux dernières dates de leur tournée suédoise et nous vous proposons de partager ces expériences riches en surprises et émotions.

Première surprise, alors que les portes ouvraient à 17h30, il n’y avait personne devant l’entrée à 14h30. Pour un concert réunissant entre 3 000 et 3 500 personnes en plein mois d’août il y avait de quoi être étonné. À noter également que nous recevons le “running order“ par mail la veille du concert et que ce dernier est également affiché à l’entrée. Il se découpe de la façon suivante :

19H00-19H30 Amaranthe
20H00-21h00 D-A-D
21H30-23h00 SABATON

À l’ouverture des portes, nous étions tout au plus une cinquantaine à entrer sur le site du festival. Là où en France la plupart des fans se précipitent à la barrière, ici le public suédois préfère se diriger tranquillement vers le bar, le merchandising ou encore loin de la scène pour avoir une vue d’ensemble. Nous nous disons alors qu’il s’agit plus d’un public composé de spectateurs et non de fans. En effet, une heure après l’ouverture des portes, il restait encore des places devant. C’est aussi à cette heure-là qu’il a commencé à pleuvoir sérieusement. Mais la chance étant avec nous, la pluie s’est arrêtée au moment où Amaranthe est entré sur scène. Les mauvaises langues diront que les nuages ont fui le combo suédois.

Rien que la composition a de quoi étonner. Un batteur, un bassiste, un guitariste (classique jusque-là), mais aussi deux chanteurs (l’un en voix claire, l’autre en “growl”) et une chanteuse. Ce groupe a la particularité de toucher à plusieurs genres en même temps : metal combiné à un peu de pop, légèrement saupoudré de techno ce qui ne plaît évidemment pas à tout le monde. Dès leur apparition sur scène, nous sommes très surpris par Elize Ryd. Elle étonne par sa tenue très légère alors que le thermomètre n’affichait pas plus de 15°C et que le vent frais faisait facilement passer le ressenti à 10°C.IMG_0944Cela ne l’empêchera pas de nous livrer une excellente prestation. En effet Elize dispose d’une très belle voix et ne se prive pas pour nous le prouver. Elle fut aussi dynamique que ses talons hauts le lui permettaient et la foule le lui rend bien (applaudissements chaleureux – et pas seulement pour se réchauffer les mains). Il se trouve que le public connaissait très bien les grands classiques que sont “Hunger”, “The Nexus” ou encore “1 000 000 Lightyears”. La communion est totale et les sourires sont au rendez-vous de part et d’autre. Rien à redire côté son, chaque instrument trouve sa place (mention spéciale pour Johan Andreassen à la basse dont le jeu, sans être spectaculaire, est efficace) et la balance est équilibrée. Ce fut le cas pour tous les groupes ce soir. Au total, Amaranthe jouera une demi-heure. Avec des titres d’une moyenne de 3 à 4 minutes, ça fait tout de même sept titres, ce qui est très bien pour une toute première partie. Amaranthe quitte la scène sous des applaudissements nourris après une prestation convaincante.

Setlist d’Amaranthe :
* Invincible
* Leave Everything Behind
* 1.000.000 Lightyears
* Afterlife
* Electroheart
* Hunger
* Amaranthine
* Call Out My Name
* The Nexus

Anecdote : il se trouve qu’à l’hôtel le soir, nous avons partagé le même étage que le groupe et avons pu constater les dégâts du climat sur la chanteuse. Lunettes de soleil, poches sous les yeux, visage pâle, voix cassée. Elle paie là sûrement le prix de sa tenue légère sur scène. Nous nous demandions alors qu’elle serait le programme pour la deuxième date. Allaient-ils annuler ? Sinon, allait-elle s’habiller autrement ? Il n’en fut rien.

Une demi-heure après, c’est D-A-D qui fait son apparition sur scène et là encore certains éléments ne passent pas inaperçus, à commencer par une batterie multiniveaux  ou encore la basse à deux cordes transparentes de Stig Pedersen.
072 (2) Ce dernier changera d’instrument toutes les deux ou trois chansons nous dévoilant à chaque fois des basses à deux cordes, toutes aussi insolites les unes que les autres. Son attitude est celle d’un vieux rockeur rebelle, crachant sur scène et fumant en jouant. Donnant l’impression de jouer pour lui dans son coin, au fur et à mesure que la foule donne de la voix, il se libère (plus mobile, plus souriant et plus concerné par sa prestation qu’au début du concert). Il a même fini par enfiler un casque faisant jaillir des milliers d’étincelles. En bougeant dans tous les sens, l’effet produit fut efficace, d’autant que la nuit était quasiment tombée.IMG_0982 Visuellement on assiste à un mélange de Helloween pour le look de Jesper Binzer (guitariste et chanteur) et de Trick Or Treat pour les délires avec les basses (voir photos ci-dessous).  Le groupe a littéralement changé d’attitude pour le concert de Karlstad le lendemain. Stig se sentant très concerné dès l’entrée sur scène, mais surtout Jesper se jetant dans la fosse dès la première chanson. Il reste ainsi toute la durée de Jihad, parcourant le premier rang de long en large, et offrant de chanter à tout fan connaissant les paroles.062 (2)Beaucoup connaissait les paroles (même les gars de la sécurité) et encore une fois l’ambiance était au rendez-vous. Ce quatuor danois offrant un rock efficace, mais pouvant légèrement tourner en rond à la longue (une heure de jeu étant beaucoup pour une première partie). Heureusement, « Laugh ‘n’ a ½ »,  seule ballade du set, offre une véritable bouffée d’air.

Setlist de D-A-D :
* Jihad
* Evil Twin
* Girl Nation
* Everything Glows
* A New Age Moving In
* Riding With Sue
* Laugh ‘n’ a ½
* I Want What She’s Got
* Monster Philosophy
* Bad Crazy
* Sleeping My Day Away

Les différentes basses de Stig Pedersen

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Si un nombre non négligeable de personnes semble venu pour D-A-D, il est pourtant indéniable que Sabaton est attendu comme le messie par un public suédois qui ne va pas tarder à se révéler. Semblant plutôt réservé durant les premiers sets de la journée, dès « Ghost Division » la Suède se réveille et reprend en chœur chaque parole à la virgule près de chaque titre ! Réellement impressionnant. Si les crowdsurfings semblent purement et simplement interdits dans le pays (la sécurité intervient dès qu’une personne monte sur les épaules d’une autre), cela n’empêche pas les mouvements de foule et il est parfois très difficile de se tenir à la barrière sans être écrasé par le poids de la foule derrière. Le public est en tout cas extrêmement dévoué et bruyant… Joakim aura d’ailleurs bien du mal à nous faire taire avant « Attero Dominatus » lors du concert de Norrköping.

Ces concerts de Sabaton sont un peu particuliers, car ils se déroulent en plein air, dans des lieux historiques de la Suède. Par conséquent, Sabaton bénéficie d’une grande scène et, en plus de l’immense backdrop Heroes, d’un véritable décor. Une carcasse d’avion à chaque extrémité de la scène, deux canons à l’arrière (tirant par moments des feux d’artifice) et le désormais célèbre tank sur lequel repose la batterie de Hannes.046 Le tout monté par des roadies déguisés en militaires sur fond de musique inquiétante rappelant certains films de guerre. Autant dire que le spectacle commence déjà bien avant l’arrivée du groupe sur scène (qui ne nous épargne malheureusement pas « The Final Countdown » en ouverture… Ce qui vient un peu gâcher l’ambiance  « oppressante » créée plus tôt par la musique et les lumières).

Comme nous nous trouvons en Suède, inutile d’espérer entendre Joakim s’adresser au public en anglais, c’est entièrement en suédois que se feront les communications entre les titres durant ces deux jours. Dommage, car le public rigole de bon cœur à chaque intervention du chanteur. Cet état de fait nous permet cependant d’entendre pour la première fois en concert les titres de l’album Carolus Rex joués en suédois. C’est ainsi qu’à la place de « Lion From the North » et « Carolean’s Prayer », nous avons droit à « Lejonet Från Norden » et « Karolinens Bön » (pendant lequel Joakim revêtira un costume de soldat suédois lors du concert de Karlstad), mais aussi à « En Livstid I Krig » (« A Lifetime of War ») dont le premier couplet est chanté presque a cappela par le public en guise de clôture du set principal.
Joakim Carolus Rex (4)

« The Art of War » ayant déjà été joué, c’est l’énorme « Night Witches », extrait de Heroes, qui ouvre le rappel. Effet garanti avec la pyro et les flammes ! Le concert se finit de manière plus traditionnelle avec le désormais classique enchaînement « Primo Victoria » / « Metal Crüe » (pendant lequel, à Karlstad, le groupe fera monter un jeune garçon sur scène).

En tant que dernière date de la tournée suédoise, le concert de Karlstad a évidemment été un peu spécial. Des membres de l’équipe technique courent nus sur scène pendant « Attero Dominatus » et « Primo Victoria », des filles avec des épées en plastique font semblant de se battre pendant « Swedish Pagans », Olof Mörck (guitariste d’Amaranthe) vient jouer quelques notes de guitare pendant « Lejonet Fran Norden ».

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Henrik Englund (chanteur en voix « death » d’Amaranthe) tente de chanter le refrain de « Primo Victoria « , mais Joakim lui reprend vite le micro… Tout cela pour qu’à la fin de « Metal Crüe « , Sabaton invite tous les gens backstage à les rejoindre sur scène (Floor Jansen, chanteuse de Nightwish et ReVamp fera une apparition à l’occasion). Aucun doute que le groupe a bien fêté cela après le show.

Pour le reste, ils sont restés fidèles à eux-mêmes, des membres très souriants, très complices et ravis d’être présents ces soirs. De nombreux regards à la foule et pas mal d’objets collectors (médiators, baguettes, T-shirts) jetés dans la fosse.

 

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Pour conclure, si vous être un gros fan, que vous avez le temps (et l’argent), vous pouvez aller voir Sabaton en Suède les yeux fermés. Les gens sont adorables, le public est génial, le paysage magnifique et les concerts y sont différents du reste de l’Europe001
Alex & OrmaGodden

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