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The Great War : notre avis

Trois ans d’attente enfin recompensées ! Jamais nous n’avions attendu aussi longtemps un album de Sabaton. Voici le temps dont avait besoin le groupe pour se remettre de la sortie mitigée de « The Last Stand » (août 2016). Ce dernier n’avait pas mis tout le monde d’accord. Les fans de la première heure jugeant l’album trop court, certains titres repompés, d’autres rapidement oubliés, des paroles parfois trop simples et des sujets peu approfondis.

Avec la première guerre mondiale, « The Great War » (sortie le 19/07/19) aborde un thème plus lourd et un contexte plus tragique. Cela signifie-t-il un album de meilleure qualité ? Réponse ci-dessous…


 

Les premières chansons des derniers opus nous ont habituées à des débuts fracassants (« Sparta » / « Night Witches » / « The Lion From The North »). Cette tradition est ici rompue avec « The Future Of Warfare » qui fait plus office de chanson de milieu d’album et qui nous introduit lentement et froidement dans l’univers guerrier (son de mitraillettes, choeurs solennels). Ce n’est pas pour autant qu’Hannes Van Dahl (batterie) est en retrait. Au contraire, il nous surprend ici avec un jeu inhabituel , alliant subtilement la grosse caisse et la caisse claire façon « mitrailleuse ». Cette impression de « nouveautés » à la batterie ne nous lâche pas pendant tout l’album et s’intensifie à mesure que les écoutes se multiplient.

Vient ensuite White Death 2 euh… Seven Pilars Of Wisdom. Malgré une introduction accrocheuse (toujours à la batterie) et de supers riffs, on a du mal à être emballés tellement la ressemblance avec sa demi sœur est flagrante. Ces recyclages (Rorke’s Drift & Into The Fire / Seven Pilars Of Wisdom & White Death / Winged Hussars & The Art Of War) ternissent le rendu général d’un « nouvel » album. Déjà que ce dernier est court, si en plus on a droit à de l’auto repompage dès la deuxième (et la cinquième!) chanson, autant dire que ça part mal. Mais passée cette déception, on s’attache à ce titre, notamment grâce au pont terriblement efficace et au solo qui hérissent les poils sur les bras. On s’imagine alors aux côtés de la cavalerie de Lawrence d’Arabie (écrivain des Sept Piliers De La Sagesse) chargeant les troupes de l’Empire Ottoman sur les bords de la mer Rouge.

Malheureusement on rentre ensuite dans le ventre mou de l’album avec des chansons qui ne resteront pas dans les mémoires. On retiendra seulement que :

« 82nd all the way » relate de l’émouvante histoire d’Alvin Cullum York et contient une petite « envolée lyrique » de Joakim (toujours dans son style bien sûr)

quelques touches électro originales (façon Rammstein) ponctuent « The Attack of The Dead men »,

et que « The Devil Dogs » est le recyclage de « Smoking Snakes »

Néanmoins, grâce à cette sorte de morceau de propagande, on tient-là une des chansons les plus entraînantes de l’album. Parfaite montée en puissance pour introduire ce duo gagnant que sont « The Red Baron » et « The Great War ».

Le premier nommé est un excellent choix de single. Dynamique et entraînant de bout en bout, sans aucun temps mort, il marque par son introduction inédite et son solo de clavier qui ravira les fans de Deep Purple. Le titre éponyme est quant à lui le point culminant en matière d’épique : les chœurs féminins sont sublimes et contrastent avec la voix grave de Joakim qui souligne le côté solennel, sombre et froid d’une période noire. Ce titre à lui seul réussit à capturer l’étendue de l’horreur de la guerre.

On passera très rapidement sur « A Ghost In The Trenches » puisque c’est une chanson difficilement placée sur l’album pour exister, qui aurait pu être sur n’importe quel album de Sabaton et qui est aussi fantomatique que son nom le laisse penser (oui elle était facile celle-là).

« Fields of Verdun » décrit non pas une bataille mais un jour, un jour qui suffit à tous les décrire, avec des paroles travaillées qui parviennent à retranscrire toute l’intensité du combat et ce que ça représentait pour ses protagonistes : les français s’étant jurés de tenir et les allemands s’enlisant dans un assaut qui devait être rapide et efficace, mais qui s’est avéré un bourbier sans nom ; s’obstinant encore et toujours dans une folie meurtrière qui n’avait plus aucun sens après un mois de bataille.
Musicalement parlant, c’est du Sabaton tout craché. Ce n’est pas pour rien que la promotion de l’album s’est déroulée à Verdun, que de gros moyens ont été alloués à la réalisation du clip et que ce titre est sorti le premier.

On croit avoir droit à une balade avec l’introduction de « The End Of War To End All Wars » pour conclure l’album de manière calme et posée. Certes, le ton plus doux de Joakim marque l’épuisement mais on assiste à un majestueux mélange de chœurs et d’orchestrations. Cette sortie d’album (bien plus travaillée, riche et fournie que l’entrée) est absolument grandiose et risque de vous arracher une larme ou deux dans un ultime feux d’artifice émotionnel.

« In Flanders Fields » est une reprise « a cappella » du poème de John McCrae (1915). Uniquement constitué de chœurs, c’est une réelle rupture avec le reste de l’album afin de marquer la fin du conflit mais également la fin du disque.

En conclusion :

Points positifs :

Un côté martial et explosif retrouvé
Chœurs féminins sublimant les chansons
Présence d’orchestrations
Des petites nouveautés appréciables: solo d’orgue et touches électro.

Points négatifs :

Album court (38mn)
Deux chansons recyclées
Pas de titre ultra puissant et rapide comme Screaming Eagles ou The Lion From The North
Toujours pas de chanson que les français peuvent s’approprier

Note : 8/10

Merci à : Gautier, Antoine et Valentin pour leurs participations à cet article.

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